À la recherche du Graal
photo par Moyan Brenn
photo par Moyan Brenn
Par


Est-ce que c’est possible d’avoir trop de livres?

Si vous aimez lire autant que moi, la réponse est un non catégorique, haut et fort!

J’adore lire, c’est un de mes passe-temps préférés. Un de mes souvenirs d’enfance est de me promener dans la section « Librairie » d’un magasin en contemplant avec fascination les murs colorés de livres où les titres gravissent des sommets autour de moi. Je me demandais quels secrets pouvaient-ils me dévoiler si seulement je les ouvrais. Cependant, être obligée de lire pour l’école est peut-être la pire chose qui soit arrivée à mon intérêt pour la lecture. Lire est quelque chose que j’ai redécouvert à mi-chemin de mon bac après avoir développé assez d’habileté d’étude pour justement y passer moins de temps.

La tendance s’est maintenue dans ma première année post-graduation. À ma grande surprise, j’ai découvert que je m’ennuyais de l’école (chose que je n’aurais jamais devinée à la fin de session!). Le fait d’apprendre quelque chose de nouveau à chaque semaine me manquait beaucoup malgré toutes les activités sociales et partys, enfin libérée de la culpabilité du « je devrais étudier ». La satisfaction de ce besoin de liberté tant désirée n’était pas assez pour moi. Quoi faire? Étant débordée, comme toute jeune adulte qui se respecte, ça ne me tentait pas de prendre des cours juste pour prendre des cours. C’est en regardant ma bibliothèque personnelle un soir qu’une idée m’est venue à l’esprit : lire les livres que je convoitais depuis toujours. Résultat? Cette année-là, j’ai lu 32 livres! Pas mal quand même pour quelqu’un qui sort de l’université, le crâne bourré de mots et de concepts.

Mais ce n’est rien comparé à cette année—le total s’élève à 105 livres selon mon compte GoodReads. Non seulement l’année n’est pas terminée mais cette statistique ne tient même pas compte de tout ce que mes yeux peuvent trouver à lire en une journée. Alors que je vous en parle, je réalise que je ne sais pas vraiment si je peux expliquer cette pulsion. Oui, mon travail en ce moment me demande beaucoup de jus, si on veut, alors que je contacte et rencontre des centaines de gens, un par un, au fil des derniers mois. C’est durant des temps comme celui-ci que mon côté introverti refait surface. Oui, je suis quelqu’un qui aime penser, je suis curieuse, je suis aussi visuelle… mais ça n’explique pas tout. Peut-être que j’abuse de mes yeux mais mon âme ne peut s’en empêcher.

Si je prends le temps d’examiner mon âme, je vois des symptômes. Même avec une moyenne de 10 bouquins par mois, j’aimerais tellement être capable de lire plus. J’imagine à quel point que ce serait trop cool de maîtriser le pouvoir du personnage Dr. Spencer Reid dans la série télévisée « Esprits Criminels » qui peut lire jusqu’à 20,000 mots la minute! J’éprouve l’ardent désir de plonger mon regard sur quelque chose d’autre que ma propre vie. J’ai besoin d’évasion et de clarté dans un monde injuste et complexe. Je suis à la recherche de quelque chose de plus vrai que ce que je vis. C’est intéressant de remarquer qu’on a tendance à se réfugier dans l’invisible pour nous aider à comprendre ce qui est visible. Mon cœur et mon être ont soif d’histoires et de perspective. Soif de sagesse. J’ai en moi une véritable angoisse quand je constate que je n’aurai jamais assez de temps pour lire tous les livres en tête de ma liste. Juste à y penser, je ressens un vide qui correspond sûrement à ma passion de la lecture.

Pourquoi aimons-nous lire?

Ne serait-ce pas parce que nous aspirons au changement? Nous ne nous contentons pas de ce que nous vivons. Comme le dit un de mes auteurs préférés, nous avons tous une soif de connaître plus, ressentir plus et voir plus de ce qui peut faire une différence dans nos vies. Tel un Christophe Colomb, tel un Louis Pasteur, tel un chevalier du Roi Arthur, nous sommes en quête de découvrir ce quelque chose qui changera notre monde pour le mieux. Nous faisons ça instinctivement sans même être certain si ce quelque chose existe vraiment. Mais nous nous perdons dans un livre en espérant pouvoir nous retrouver, tel qu’on devrait être. Et comme dans les histoires que nos parents nous racontaient avant de dormir quand on était petit, on ose croire que cette quête pourrait bel et bien nous transformer.

Articles similaires