La fragilité de la vie
Photo par David
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Je me souviendrai toujours de mon premier vol voyage en solo. Moi et mon instructeur de vol nous nous étions préparés depuis plusieurs jours pour cette étape importante dans l’obtention de mon brevet de pilote. Le matin du « jour J » , je révise la météo et effectue les modifications nécessaires dans mon plan de vol. La météo prévoyait des vents (mais dans les limites de l’appareil) provenant du sud-ouest, laissant place à de la pluie sur une mince partie de mon vol. Je dépose mon plan de vol et fais mes « checks » au sol avec l’avion Cessna 150 qui m’attendait dans le stationnement. Alors que je termine mes « checks » et juge l’avion apte à voler, mon instructeur vient me rejoindre et me donne un dernier conseil avant que j’embarque dans l’avion.

« Éli, tu risques de peut-être rencontrer des orages qui croisent ta trajectoire de vol, que fait-on quand on rencontre un orage en vol? »

« Le manuel nous dit de le contourner par la droite. »

« Ouais… mais pas cette fois-ci : Si jamais ça t’arrive aujourd’hui, je veux que tu voles tout droit pour traverser les nuages. C’est bon? »

« OK, comprit ! »

Quelques minutes plus tard, je décollais de l’aéroport de Trois-Rivières, direction Saint-Jean-sur-Richelieu. Une fois la rivière Yamaska traversée, je constatais assez clairement la situation : un long front de nuages gris à ma droite allait peut-être me croiser à la fin de ma trajectoire de vol et m’engouffrer si je gardais la même vitesse de vol. Deux chois s’offraient à moi : rebrousser chemin et re-céduler le vol ou accélérer et éviter le front. Jugeant que le front était encore assez loin pour que j’aille le temps de l’éviter, je choisis d’augmenter ma vitesse. J’exécutais mon plan sur-le-champ.

Les vents étaient plus forts que j’avais estimés, car le front s’approchait rapidement de moi ! Néanmoins, il ne me restait vraiment plus beaucoup avant de dépasser le côté du front et de m’en tirer complètement : je poursuivis ma route, visant un peu à gauche de ma trajectoire afin d’être certaine d’éviter le front. J’étais quelque part entre Saint-Hyacinthe et les monts St-Hilaire et Rougemont quand, soudain, les nuages me rattrapèrent d’un seul coup : je ne voyais plus rien!! Appliquant le conseil de mon instructeur, je volais le plus droit possible, mais l’idée que je m’approchais des montagnes sans rien voir me glaçait le sang. Je tâchais de garder mon calme lorsque tout à coup — pour aggraver le tout — je vis des éclairs foudroyer la nappe de nuage qui m’entoure ! À cet instant, je savais que ma vie courait un grave danger. La foudre continuait d’exploser autour de moi.

« Si ça continue de même… »

Avant même de terminer ma pensée, les nuages disparurent au son du tonnerre. J’avais passé au travers du front ! Je l’avais échappé belle!! Je ne suis pas capable de vous décrire les émotions que je ressentais à ce moment-là.

Plus que tout autre épisode de ma vie, ce vol voyage m’a le plus fait réfléchir sur la fragilité de la vie. J’aurais bien pu ne pas m’en sortir. Certes, je manquais d’expérience, mais un accident de vol peut arriver à n’importe qui si toutes les conditions sont réunies. Si vous pouviez aller demander l’avis de l’homme qui m’a évaluée lors de mon examen en vol, il vous dirait que la vie peut s’arrêter à tout moment. La semaine passée, c’était l’anniversaire de l’écrasement de son avion. Il avait plus de 18,000 heures de vol à son actif. Moi, j’en avais à peine 30.

On n’a pas besoin de savoir piloter pour s’en rendre compte. La vie est si fragile. Pourtant, on dirait que ce n’est pas tout le monde qui est au courant de cela. Au travers de plusieurs sondages auprès d’étudiants collégiaux, il y a un thème qui me revient souvent : l’invincibilité. Une étudiante m’a déjà demandé pourquoi elle devrait penser à la spiritualité vu qu’elle a toute sa vie devant elle. Mais sommes-nous si certains de vivre un autre jour ? Il me semble que rien ne nous est garanti. Mon coeur peut arrêter de battre à tout moment. Je peux avoir un accident d’auto n’importe quand sur la route. Je ne sais pas ce qui m’empêche de me ramasser dans une situation où ma vie peut se terminer sans avertissement.

J’ai arrêté de m’en faire avec la mort le jour où j’ai rencontré Dieu. Il m’a non seulement offert une vie abondante ici bas, mais il m’a aussi donné la certitude de vivre avec lui après la mort. Parce que Jésus a vaincu la mort pour moi et que Dieu m’a pardonné et m’aime pleinement, je sais que je n’ai absolument rien à craindre. Même pas la mort.

As-tu déjà pris le temps de penser à ce qu’il se passe après la mort ? Est-ce que la vie continue ? Si oui, comment pouvons-nous nous y préparer ?

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