Noël peut transformer notre vie
Photo par Kevin Dooley
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Noël représente plusieurs choses, mais peut-elle vraiment transformer notre vie?!?! Comment cela se peut-il? Il existe deux points de vue quant à la signification de l’esprit de Noël, l’un ne nous change pas et l’autre nous transforme lorsque nous le saisissons.

Selon le premier point de vue, l’esprit de Noël se résume par la maxime « fais du bien à ton prochain » qui est symbolisée par le conte bien connu de Charles Dickens, A Christmas Carol (Un chant de Noël). Le protagoniste, Ebenezer Scrooge, est un banquier méchant, avare et grippe-sou qui surmène ses employés. Il y a peu de choses que Scrooge déteste plus que la saison de Noël, car elle accapare du temps de travail et l’esprit généreux représente une menace pour son argent durement gagné.

Puis, la veille de Noël, Scrooge vit un réveil brutal. Trois esprits lui rendent visite : l’esprit des Noëls passés, l’esprit du Noël présent et l’esprit des Noëls à venir. L’esprit des Noëls passés lui montre à quel point il était joyeux avant de devenir un bourreau de travail radin. L’esprit du Noël présent lui montre l’effet de son avarice sur la pauvreté de ses employés. Finalement, l’esprit des Noëls à venir lui révèle la honte et le jugement qui l’attendent s’il ne change pas. Ces esprits ont un effet sur Scrooge. Il n’est plus l’homme radin et grincheux que tout le monde connaissait, mais il est maintenant plus généreux, personnifiant l’esprit de Noël « fais du bien à ton prochain ».

Mais peu importe à quel point l’esprit de Noël « fais du bien à ton prochain » dans Un chant de Noël fait chaud au cœur, il est impuissant à transformer notre vie.

Pourquoi?

Car ce n’est ni la crainte ni la culpabilité, mais la grâce qui produit la générosité radicale en nous. La grâce est le fait de recevoir quelque chose qu’on ne mérite pas. Ce n’est que lorsque nous nous voyons comme bénéficiaires de grâce que nous pouvons devenir radicalement généreux.

Mais la plupart d’entre nous avons plutôt tendance à croire que notre position sociale est une chose que nous avons méritée et non reçue. Nous ne croyons pas que nous avons autant besoin d’aide que les gens qui sont physiquement faibles et ceux qui vivent dans la pauvreté. Nous avons une mentalité de « classe moyenne » selon laquelle nous obtenons ce pour quoi nous avons travaillé. Même notre façon d’aborder la religion est influencée par cette mentalité : nous croyons que s’il existe un Dieu, il nous donnera ce que nous méritons parce que nous nous sommes assez bien conduits dans notre vie. Ce que cela veut dire (bien que nous ne l’admettions pas), c’est que nous croyons être supérieurs aux autres parce que nous avons travaillé plus fort qu’eux et que nous méritons la vie dont nous jouissons. Nous ne pouvons pas aimer ceux que nous considérons comme inférieurs et nous montrer radicalement généreux envers ceux que nous croyons peu méritants. La maxime « fais du bien à ton prochain » en tant que motivation nous touche superficiellement et notre cœur demeure fondamentalement inchangé.

Mais il existe un autre point de vue sur l’esprit de Noël appelé « l’histoire de Noël », que les gens ont audacieusement affirmé être vraie au cours des siècles. Lorsque nous saisissons ce point de vue, notre mentalité de « classe moyenne » est transformée et nous devenons des personnes radicalement généreuses et gracieuses. Selon l’histoire de Noël, Dieu a choisi de s’introduire dans le monde qu’il a créé, en devenant un homme, né dans des circonstances humbles et sans éclat, s’identifiant à nous dans notre pauvreté et notre souffrance, et sacrifiant sa vie entière pour que nous devenions riches en lui. C’est comme si l’auteur d’Un chant de Noël, Charles Dickens, s’introduisait dans l’histoire qu’il avait écrite et devenait un personnage qui porte la souffrance et la condition brisée du peuple. Imaginez l’émerveillement des personnages dans l’histoire à la vue de cette grâce étonnante de la part de l’auteur qui vient les sauver de leur condition brisée et des conséquences de l’avoir déshonoré. Qu’ont-ils fait pour mériter cela de l’auteur? Absolument rien!

« La grâce de Dieu pour nous. » Voilà l’esprit de Noël qui nous transforme. Lorsque nous étions pauvres, il s’est fait pauvre pour que nous soyons enrichis (2 Corinthiens 8.9). Lorsque nous étions brisés, il a été brisé pour que nous soyons guéris. Lorsque nous méritions le jugement, il a pris sur lui notre jugement pour que nous recevions sa grâce. Lorsque tu vois qui tu es et que tu places ta confiance dans ce qu’il est venu accomplir pour toi alors que tu ne le méritais pas, tu ne peux plus te considérer comme étant supérieur aux autres parce qu’aucune de tes actions ne t’a valu sa faveur. Tu peux t’identifier aux pauvres parce que tu étais pauvre avant qu’il t’enrichisse. Et tu ne peux pas t’empêcher d’être gracieux et généreux envers les autres parce qu’il a été gracieux et généreux envers toi.

Bien que la maxime « fais du bien à ton prochain » contraigne notre cœur, « la grâce de Dieu » le transforme.

Pour comprendre cela, nous devons réaliser et admettre que nous sommes pauvres et que nous avons besoin de sa grâce. Nous devons nous rendre compte que si nous avons trahi nos propres normes morales à maintes reprises, combien plus avons-nous trahi Dieu et ses normes. Nous ne sommes peut-être pas des toxicomanes, mais ne sommes-nous pas aussi dépendants de l’approbation des autres et de la recherche d’une identité personnelle? Ce n’est que lorsque nous réalisons que nous sommes réellement pauvres, que nous voyons les richesses de « l’esprit de Noël » en Dieu qui s’est fait pauvre pour nous en la personne de Jésus pour que nous devenions riches en lui.

Lorsque nous saisissons l’esprit de Noël qui se résume par « la grâce de Dieu pour nous », Noël cesse d’avoir un effet superficiel et elle nous transforme fondamentalement.