Pourquoi je ne vais pas à l’église le dimanche de Pâques
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La semaine dernière, je me suis rendu compte d’un paradoxe intéressant dans ma vie. Chaque année, à la fin de semaine de Pâques, je ne vais pas à l’église. Oui, vous avez bien lu. Je ne vais PAS à l’église.

On me dit que plusieurs personnes vont à l’église le dimanche de Pâques. Que c’est un genre de tradition pour plusieurs. Certains de mes amis me disent que les églises sont plus achalandées qu’à l’habitude cette fin de semaine-là, parce que beaucoup de gens viennent spécialement pour l’occasion. Ce n’est pas difficile à croire.

Ce qui me fait le plus sourire, c’est que s’il y a une personne qui irait à l’église le dimanche de Pâques, c’est bien moi. Je fréquente une église avec des gens que j’aime et j’y vais souvent. De plus, j’ai un amour pour les traditions et une tendance fâcheuse à suivre les règles, souvent malgré mes propres désirs.

Mais ma famille a d’autres traditions. Des traditions qui sont très bonnes, mais différentes. Habituellement, je passe mon dimanche pascal sur la route en allant chez mon oncle qui habite à Gatineau. J’en suis heureuse, et pas du tout inquiète.

Il y a un temps où l’idée de ne pas aller à l’église pour Pâques m’aurait remplie d’anxiété. Je me serais sentie particulièrement coupable, comme si le Dieu de l’Univers dépendait absolument de ma présence sur un de ces bancs d’église. Je me serais sentie écrasée par le poids de mon manquement.

C’était plus fort que moi. J’avais une peur bleue de décevoir les autres, d’être perçue comme une mauvaise personne. Pour cette raison, je travaillais fort pour faire tout à la perfection et pour maintenir l’image d’une personne exceptionnellement morale et irréprochable. Je réussissais à en convaincre plusieurs… sauf moi-même. Je demeure particulièrement consciente de mes fautes et c’est un poids qui est, à la longue, devenu trop lourd pour moi.

Le message de Pâques, pourtant, communique quelque chose de bien différent. Dieu, dans la personne de Jésus, est mort pour que je ne n’aie pas à porter ce fardeau. Il est mort pour que je puisse arrêter de me rendre malade en essayant de devenir une personne suffisamment bonne. Par sa mort, il a payé le prix de mes fautes. Non seulement je suis en règle avec Dieu, mais aussi j’ai l’opportunité de connaître son amour et son plan pour ma vie. Dans sa résurrection, je vois qu’il a réussi à atteindre son objectif et que je peux lui faire confiance.

La raison pour laquelle je peux, le coeur léger, ne pas aller à l’église ce dimanche, est que je sais que je n’ai pas besoin d’impressionner qui que ce soit, même pas Dieu. Ironiquement, la raison pour laquelle je ne vais pas y célébrer Pâques est que je crois sincèrement au message de Pâques. Je peux me reposer en sachant que, peu importe où je me retrouverai cette fin de semaine, je vais être aimée de Dieu. C’est vraiment toute une raison pour célébrer!

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  • Jay Miller

    Très intéressant! D’ailleurs, ça me fait penser à ce que Brennan Manning aimait particulièrement prêcher, soit que Dieu nous aime comme nous sommes, non pas comme nous devrions être, parce qu’aucun de nous ne sommes comme nous le devrions. Ce n’est pas que l’on DOIVE faire quelque chose pour Dieu, mais bien que la réalisation de cet amour incroyable nous pousse à VOULOIR vivre une vie centrée sur la personne de Dieu.

    • Jacques Robitaille

      Bien dit Jay, on n’est pas là pour essayer d’impressionner Dieu. Son désir est avant tout que notre coeur s’attache à lui et qu’on apprenne à lui faire confiance. À mesure qu’on apprend à le connaître et à connaître son amour, comme tu le dis si bien, nos actes suivent naturellement.

  • Jacques Robitaille

    Au cas où vous ne l’auriez pas vu encore, ce vidéo exprime très bien le pourquoi de Pâques. https://www.youtube.com/watch?v=BXyY0ut1AEg